Mécanismes moléculaires régulant la sécrétion d'insuline dans des états normaux et physiopathologiques

Le diabète sucré est l'affection métabolique la plus courante dans le monde. Dans les pays industrialisés, c'est la cause principale de cécité, d'insuffisance rénale et d'amputations des membres inférieurs. De plus, c'est un facteur de risque majeur pour les maladies et les attaques cardiovasculaires. En raison du vieillissement de la population, de la tendance croissante vers l'obésité et d'un mode de vie sédentaire, on s'attend à ce que le nombre d'individus affectés double au cours des deux prochaines décennies. La sécrétion d'insuline par les cellules bêta-pancréatiques joue un rôle essentiel dans la régulation du taux de glucose dans le sang et le diabète sucré se manifeste si la production d'insuline est insuffisante pour couvrir la demande métabolique. L'exocytose de l'insuline est finement réglée par les nutriments, les hormones et les neurotransmetteurs. Ce processus est compromis dans des états prédisposant à la manifestation du diabète, tels que l'exposition chronique des cellules bêta à des taux élevés de glucose ou à des acides gras libres. Ainsi, une meilleure connaissance des mécanismes régulant l'exocytose de l'insuline est essentielle pour déterminer les causes de la maladie et pour favoriser le développement de nouvelles stratégies de traitement des patients diabétiques. En outre, étant donné que l'appareil sécrétoire des cellules bêta-pancréatiques est très semblable à celui des cellules neuronales, l'élucidation des mécanismes régulant la sécrétion d'insuline aidera probablement à clarifier les phénomènes qui régissent la libération de neurotransmetteurs et à concevoir de nouveaux principes pharmacologiques pour le traitement des affections neurologiques.